Brexit

Après 4 ans et demi de négociations et d’incertitudes, le Royaume-Uni est officiellement sorti de l’Union Européenne le 1er janvier 2021, à la suite d’un accord de 1300 pages, signé dans la douleur.

Petit rappel des points principaux à retenir de l’accord :  En matière de commerce, la Grande-Bretagne peut donc toujours profiter du marché unique, mais doit se plier aux normes européennes, notamment en matière de fiscalité et d’environnement, rendant pour le Royaume-Uni la tentation d’une concurrence déloyale compromise. Pas de « nouveau Singapour » donc.

En cas de non-respect des règles de l’accord, un Conseil de partenariat, composé de représentants de l’UE et du Royaume-Uni est chargé de trancher, malgré la volonté de l’UE de confier cette tâche à la Cour de justice européenne.

En ce qui concerne la question houleuse de la pêche, dont le Premier ministre britannique avait fait son cheval de bataille, l’accord stipule que les européens devront renoncer à 25 % de leurs prises dans les eaux britanniques, contre les 60 % exigé par Londres. Un succès à relativiser, dans la mesure où l’accord n’est valable que jusqu’en 2026, avant d’être soumis à de nouvelles négociations.

La libre circulation entre les Européens et les Britanniques touche quant à elle a sa fin : Les contrôles aux frontières sont rétablis, les visas seront nécessaires pour les séjours de plus de six mois, la carte européenne d’assurance maladie ne sera plus valable, et les permis de conduire nationaux non reconnus. Pour ce qui est des visas de travail, seuls les contrats avec un salaire supérieur à 30 000 euros seront acceptés, Londres souhaitant protéger les travailleurs britanniques de la concurrence européenne sur le marché de l’emploi.

Le programme d’échange étudiant Erasmus est quand à lui abandonné.  Première place boursière européenne, la City est la grande absente de l’accord, engageant alors un exil des fonds d’investissements britanniques, vers Francfort , Dublin, et Paris notamment.

Pour ce qui est de la frontière irlandaise, il a été convenu que l’Irlande du Nord relèverait de la réglementation européenne, mais que les contrôles seront effectués par la Grande-Bretagne. L’Irlande du Nord jouit donc de certaines exceptions du fait de son statut particulier, qui pourrait la pousser à se rapprocher de l’UE.

Car en effet, après un mois de mise en pratique, l’accord commercial pose certaines difficultés dans les échanges, en particulier pour le Royaume-Uni.  Dans un premier temps, par une forte baisse de l’activité économique, puis par des pénuries de certains produits alimentaires en Grande-Bretagne. Le contrôle aux frontières a ralenti les échanges, notamment pour des problèmes d’administrations. Ces problèmes concernent en particulier le secteur de la pêche, qui entraine une chute des prix de certains produits. La question de l’indépendance écossaise, est alors plus que jamais d’actualité.

Malgré le soulagement que représente l’accord, face à l’éventualité d’un no-deal, les difficultés rencontrées au cours du mois laissent un goût amer. Les plus grands perdants de cet accord sont les citoyens européens et britanniques eux-mêmes, en particulier les jeunes. Après 48 ans de relations tumultueuses, l’histoire commune du Royaume-Uni est l’Union Européenne se solde par un divorce au succès en demi-teinte. La triste démonstration par l’absurde du besoin d’affermissement du rôle de l’UE, pour faire en sorte que ce triste feuilleton du Brexit, n’arrive plus jamais en Europe.

 

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