Vaccination : le rôle de l’UE

Après le feu vert de l’Agence européenne des médicaments, la Commission européenne, a donné le 6 janvier dernier son autorisation à l’entrée sur le marché européen du vaccin de Moderna. De quoi donner de l’espoir aux Européens, et affirmer le rôle de l’Union européenne dans la lutte contre la pandémie.

Ce succès est en fait l’aboutissement d’une stratégie de l’Union Européenne depuis juin 2020, date à laquelle elle active le mécanisme financier de l’aide d’urgence, afin d’obtenir un vaccin.

Un travail de cohésion entre les États membres, concrétisé par la réunion virtuelle des ministres de la Santé de chaque pays au Conseil de l’UE, le 12 juin dernier. Le but de la réunion étant de se mettre d’accord sur la mise en commun les moyens de financement pour la recherche et développement, et agencer une distribution équitable des vaccins en Europe. L’Union Européenne en sort alors renforcée. De par ses compétences déjà, puisqu’elle peut désormais entamer des démarches de négociations avec les laboratoires pour le compte des États membres, mais aussi par les efforts de ces derniers pour s’aligner dans l’intérêt commun. Cette gestion de crise, dans l’urgence, témoigne de l’efficacité de l’UE et de sa volonté d’unité face aux crises.

Au total, l’UE a signé des contrats avec 6 laboratoires ou groupes pharmaceutiques, soit une commande de 2,275 milliards de doses. Lesquelles sont ensuite réparties entre États membres à la proportionnelle, en fonction de la population nationale. Ainsi, les pays européens qui vaccinent le plus sont le Danemark (en pourcentage de la population) et l’Italie (en nombre de doses), soit plus d’ un million. C’est néanmoins inférieur à nos voisins Britanniques, qui, depuis le 8 décembre dernier, sont 4 millions et demi à s’être fait vacciner. Mais comme en Italie, les doses commencent à manquer.  Au sujet des campagnes de vaccination, la Commission Européenne fait part de ses recommandations aux États membres, insistant sur l’importance de communiquer pour rassurer la population, pour une partie hostile au vaccin, notamment en France, et donne certaines indications autour de la stratégie vaccinale à suivre.

En activant l’aide d’urgence en matière sanitaire, les États membres ont accordé à l’UE le droit d’investir dans la recherche, d’étendre ainsi son domaine de compétence, et renforcer sa souveraineté.
Comme le disait Jean Monnet :
« L’Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises »

 

Source Photo: EC – Audiovisual Service