Guerre en Ukraine : action de l’UE

Le 24 février, Vladimir Poutine a déclenché une guerre en Ukraine. L’Union européenne s’est fortement mobilisée afin de défendre ce pays qui par deux fois déjà avait exprimé son rejet du modèle autoritaire russe lors des révolutions orange (2004-2005) et de Maïdan (2014).

Face à cette agression de l’Ukraine et au viol de nombreuses règles du droit international par la Russie de Vladimir Poutine, l’Union européenne et ses Etats membres ont apporté des réponses fortes. Dès 2014 et le début des troubles entre l’Ukraine et la Russie dans les régions séparatistes du Donbass et en Crimée, l’Union européenne avait mis en place des sanctions économiques pesant lourdement sur l’économie russe.

A la suite de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 24 février, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell et le président du Conseil européen, Charles Michel ont annoncé que de lourdes sanctions seraient prises à l’encontre de la Russie et notamment de ses dirigeants. La Biélorussie a également été mentionnée pour son rôle dans l’invasion russe.

Ursula von der Leyen a expliqué que les sanctions doivent réduire « l’accès de la Russie aux marchés des capitaux les plus importants. [Désormais ces sanctions visent] 70% du marché bancaire russe mais aussi les principales entreprises publiques, y compris dans le domaine de la défense. » Les banques de l’Union européenne auront également interdiction d’accepter les dépôts de plus de 100 000 euros et plusieurs entreprises étatiques russes se verront privées de financements européens. Le pétrole ainsi que plusieurs technologies clés pour l’industrie russe feront l’objet d’une interdiction d’exportation vers la Russie, par exemple dans le domaine de l’aviation ou des nouvelles technologies, notamment les semi-conducteurs.

Après un temps de discussion, les 27 Etats membres de l’Union européenne se sont mis d’accord pour exclure une partie des banques russes de la plateforme interbancaire Swift. Cette décision pénalisera fortement l’économie russe en empêchant la fluidité des échanges. Les 27 ont aussi annoncé le gel des avoirs de Vladimir Poutine et de son ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov au sein de l’UE ainsi que ceux des 351 députés de la Douma qui ont reconnu l’indépendance des républiques séparatistes.

De plus, il n’est plus possible pour les détenteurs de passeports russes de voyager sans visa au sein de l’UE et les avions russes ont été bannis de l’Espace aérien européen.

Le Conseil de l’Europe, organisation internationale dont fait partie la Russie et qui s’occupe de la protection des droits de l’Homme en Europe a également suspendu la participation des diplomates et députés russes aux réunions de ses institutions.

Enfin, plusieurs bouleversements sont à noter dans les politiques internes de certains Etat membres de l’Union européenne. En Suède, la neutralité habituellement en vigueur a été rompue et des armes vont être envoyées en Ukraine. De plus, la question de l’adhésion à l’OTAN de la Finlande et de la Suède est revenue dans l’agenda politique de ces deux Etats. En Allemagne, le virage est encore plus impressionnant puisqu’après avoir annoncé ne plus soutenir et bloquer la mise en œuvre du gazoduc NordStream2, le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé débloquer une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros afin d’augmenter massivement les dépenses dans la défense du pays. Il a également indiqué que l’Allemagne consacrerait désormais au moins 2% de son PIB au secteur de la défense pour s’aligner sur les objectifs de l’OTAN.