
Dans un rapide diagnostic, Patrick Salez a mis en évidence la grande vulnérabilité de l’UE, prise en tenaille entre la pression des exportations chinoises à bas prix et le néoprotectionnisme des Etats-Unis. Car la puissance économique s’est aujourd’hui métamorphosée, reposant sur les droits de douane, les minerais critiques, l’innovation et la maîtrise des infrastructures énergétiques et numériques. Dans un tel contexte, qui a fait de la Chine un puissant « rival systémique, l’UE subit à la fois une perte de compétitivité et un déclassement technologique.
Le conférencier a ensuite présenté les 4 voies de souveraineté–ou plutôt de moindre dépendance– privilégiées par l’UE : diversifier les sources d’approvisionnement, créer des alliances (cf l’exemple que nous donne l’actualité géopolitique avec le Canada), relocaliser la production et sécuriser son marché intérieur. Lesdites voies doivent, en parallèle, mettre en œuvre la décarbonation industrielle et l’électrification des usages pour répondre à l’ambition des objectifs climatiques que l’UE s’est fixés.
S’adressant plus spécifiquement au monde de l’entreprise, Patrick Salez a expliqué comment libérer les capacités d’innovation, que ce soit en simplifiant la règlementation, en fluidifiant le marché intérieur, en attirant les talents et renforçant les compétences ou en finançant les projets innovants en partenariat public-privé (incluant les aides d’Etat).
L’UE n’est nullement condamnée au déclin, avance le conférencier dans> une conclusion personnelle. Elle peut faire preuve de volontarisme et
lever les obstacles qui la maintiennent dans la dépendance et la
vulnérabilité. Il lui faudrait, pour ce faire, concilier ses intérêts et ses valeurs, adapter sa gouvernance aux nécessités d’une prise de décision commune plus rapide, adopter un budget ambitieux pour les sept année à venir et insuffler une dose non négligeable de protectionnisme dans ses marchés publics en privilégiant la commande européenne. Remplir ces conditions permettrait à l’UE de contrer les forces nationalistes et populistes qui s’opposent à elle et de progresser vers un avenir économique désirable ou du moins souhaitable.
